un livre fac-similé est la reproduction d’un volume spécifique, réalisée dans un extrême souci du détail. À la différence des copies anastatiques, les fac-similés ne reproduisent pas seulement le texte, mais également toutes les propriétés matérielles du livre en tant qu’objet, telles que la dimension des pages, le grammage des feuilles, la gamme chromatique des décorations, les matériaux de la reliure ainsi que les éléments précieux, jusqu’ à arriver à un aspect identique à celui de l’ouvrage original. Cela signifie que la copie reproduit également tous les défauts du livre (vermoulure, taches d’humidité, signes d’usure, impuretés, parties manquantes), symboles de son histoire. Le volume est relié artisanalement, à l’aide de matériaux similaires aux matériaux originaux afin de créer une réplique du livre original. Une fois toutes ces exigences satisfaites, on peut parler d’une édition fac-similé et non d’autres formes de reproduction d’un ouvrage original (édition anastatique par exemple).
Dans presque tous les cas, les livres reproduits sont des œuvres manuscrites, dont la majorité sont décorées, comme les manuscrits enluminés du Moyen-Âge ou de la Renaissance.
Le fac-similé s’accompagne d’un volume de commentaires, qui comprend des études historico-artistiques en lien avec le volume reproduit et, parfois, la traduction du texte de l’ouvrage. L’éditeur s’engage non seulement à assurer l’intégrité du fac-similé ainsi que sa fidélité à l’original, mais également à garantir un tirage limité (unique, à moins de mille copies et sans possibilité de réimpression) et à numéroter chaque exemplaire.
les étapes de fabrication d’un quasi-original conjuguent l’artisanat, les techniques qu’employaient les copistes et les relieurs de l’époque médiévale ainsi que d’autres techniques issues des nouvelles technologies.
on photographie des images du manuscrit à l’aide d’un appareil photo ultra précis. On imprime les photos sur des plaques photographiques avec une extrême sensibilité, qui permet d’identifier chaque nuance de teinte présente sur les pages de l’ouvrage original. Les images peuvent également être capturées à l’aide d’un appareil photo numérique afin d’éviter le traitement postérieur.
on superpose les plaques sur un scanner cylindrique qui identifie les couleurs de l’image et les synthétise en les traduisant dans les quatre couleurs de base (magenta, cyan, jaune et noir). Au cours de ce processus ont lieu les premiers ajustements chromatiques, grâce à un ordinateur qui aligne les nuances de teintes à des paramètres prédéfinis. La première impression, comme toutes celles qui auront lieu au cours du processus de fabrication, est réalisée sur un papier artisanal qui reproduit la texture du parchemin.
pour que le fac-similé soit aussi fidèle que possible à l’original, on compare le résultat de l’impression au codex sur une table lumineuse à 5 500 degrés Kelvin. Chaque nuance de couleur de l’impression et du papier est soumise à une comparaison minutieuse, et même les possibles imperfections ou détériorations dues au passage du temps sont respectées.
pour l’impression du document fac-similé, on sélectionne les films définitifs qui se rapprochent le plus des pigments originaux. Les pages sont disposées en livrets de 8 ou 16 pages, voire plus. Certains documents sont imprimés à part, puis ajoutés manuellement à l’ouvrage final.
on utilise des techniques de sérigraphie et d’estampage pour les livres enluminés à l’aide de peintures métalliques, tels que les codex et autres livres copiés dans les monastères. On décorait souvent les miniatures des manuscrits anciens avec de l’or liquide, des pigments dorés, de la feuille d’or ou du brunissage d’or. Pour reproduire ces ornements, on utilise une lame de cuivre sur laquelle on reproduit en relief les zones sur lesquelles sont incrustés les métaux. Entre la planche et la page, on applique une fine couche d’or ou d’argent qui, une fois pressée et chauffée, adhère au papier.
ce procédé est réalisé de manière complètement artisanale, comme au Moyen-Âge. Les feuillets sont pliés à la main et rangés dans l’ordre, renforcés à la presse d’impression puis tendus sur un métier à tisser où ils sont cousus manuellement. La reliure doit être identique à celle de l’ouvrage original.